Echantillon viande dans plat culture cellulaire plastique jetable ouvert dans laboratoire moderne 87646

Produite sans élevage, la viande cellulaire peut inquiéter. Ce qui peut sembler être une solution pour nourrir la planète pose la question : peut-on se passer des animaux ?
Depuis quelques années, les laboratoires réussissent à fabriquer de la viande sans animal.
Née aux USA et aux Pays-Bas, la technologie s’est imposée dans le débat alimentaire mondial. De minuscules cellules prélevées sur un animal vivant, placées dans un milieu nutritif se multiplient jusqu’à former des fibres musculaires. Résultat : une chair biologique identique à celle d’un steak traditionnel, mais obtenue sans élevage ni abattage. En 2020, Singapour a été le premier pays à autoriser sa commercialisation. Puis trois ans après, deux sociétés américaines ont été autorisées à vendre du poulet de culture. Par contre en Europe, aucune étape règlementaire à ce jour.
Les promoteurs de cette viande d’un nouveau genre avancent un argument fort : produire de la chair animale sans conséquences environnementales. Les élevages  émettent une part importante des gaz à effet de serre mondiaux. De plus les cultures destinées à nourrir le bétail mobilisent 70% des terres agricoles. Donc la viande cultivée réduirait considérablement ces impacts, moins de terres, moins d’eau, pas d’abattage, pas d’antibiotiques.
L’équation reste à vérifier, car cultiver des cellules demande une énergie considérable. Le bilan carbone de la viande cellulaire pourrait dépasser celui de la viande conventionnelle.
S’ajoute une inquiétude plus culturelle, celle de voir la viande devenir un produit de laboratoire et qui ne peut laisser indifférent  le monde agricole.
Quelques entreprises françaises se sont lancées dans la recherche. Leur objectif est d’offrir une alternative complémentaire pour la restauration collective ou les produits transformés.
Promesse ou mirage ? 

(D’après Invest’Terre / E. Mari)